MALADIE DE VERNEUIL
DES SOLUTIONS EXISTENT
MON VERNEUIL
Je m'appelle Caroline, j'ai 34 ans, je mesure 1m68, je pèse 78 kg, je suis blonde aux yeux bleus et j'ai la maladie de Verneuil.


Tout commence en 2001 quand un kyste apparait au niveau de mon aisselle droite. Je suis allée voir mon médecin traitant qui m'a mis sous antibiotiques et ma prescrit une crème à appliquer localement. Le kyste a disparu.
Jusqu'en 2007 j'ai eu plusieurs kystes, par intermittence, mais je n'en ai pas parler à mon médecin car je ne voulais pas les montrer, j'avais honte. Effectivement la maladie de Verneuil ce n'est pas beau à voir.

En 2007 trois kystes apparaissent sous mon aisselle gauche. Je vais voir mon médecin traitant qui me met encore sous antibiotiques mais cette fois-ci sans aucun résultat. Elle me dit d'aller voir un chirurgien pour qu'il fasse une intervention. Le chirurgien m'opère localement. Deux mois après, trois autres kystes apparaissent sous mon aisselle droite. Je retourne voir le chirurgien qui m'avait opéré. Là il me fait une chirurgie large ainsi que des analyses.
Le verdict tombe, c'est la MALADIE DE VERNEUIL. Je lui demande ce qu'est cette maladie et il me dit qu'il ne sait pas trop ce que c'est, ni comment ça vient, ni d'où ça vient. Il me dit d'aller voir mon dermatologue car c'est une maladie de la peau.

Une fois la maladie connue, je me lance et vais voir sur internet ce qu'est cette maladie. Je suis tombée sur plusieurs blogs où les gens disaient qu'il fallait prendre son mal en patience, d'autres qui disaient qu'avec la ménopause la maladie s'en allait d'elle même. D'autres qui avaient des méthodes pour soulager la douleur ou l'inflammation comme l'argile verte ou les tranches d'oignons crus à poser directement sur les kystes. J'ai essayé ces méthodes mais sans résultats. Ils disaient aussi que c'était dû au stress. Moi j'ai remarqué, pour mon cas, que j'avais des poussées surtout dues au frottement des vêtements, mais aussi c'est vrai, au stress.

Je vais donc voir mon dermatologue, qui justement vient de recevoir un fax pour un traitement qui est en test pour cette maladie. Elle me met en contact avec le médecin qui s'occupe du traitement.

Je prends rendez-vous avec le médecin qui s'occupe de ce traitement pour pouvoir suivre ce protocole. Il m'examine et me dit que je rentre dans le cadre de ce protocole. A l'époque j'avais 2 kystes sous l'aisselle gauche et 3 kystes au niveau des aines. Donc je pouvais entrer dans le protocole, car il fallait un minimum de kystes à la fois ouverts et fermés. Il m'explique que ce protocole dure 6 mois, mais que pour les 3 premiers mois je recevrais peut être un placebo et que les 3 derniers mois j'aurais le vrai médicament.
Donc je me lance dans ce protocole, qui vous prescrit en fait du RUBOZINC, mais à 3 fois la dose normale prescrite pour de l'acné.

Les 3 premiers mois un ou deux kystes de plus me sont apparus au niveau des aines. Douleurs, moral à zéro, vie perturbée. Et là commencent les 3 derniers mois, avec, là je le sais, le vrai médicament. Les kystes existants avaient doublé de volume, donc la douleur aussi avait doublé, et plusieurs kystes sont apparus. J'en étais à une douzaine de kystes au niveau des aisselles et des aines. Bien sur arrêt de travail durant les poussées et vie encore perturbée à tous les niveaux.
Lors d'une visite de contrôle chez le médecin qui me suit pour ce protocole, je lui dit que je n'en peux plus et que je veux arrêter le protocole. Il me dit qu'il a des résultats et qu'à un mois de la fin du traitement ce serait dommage. Je décide donc d'aller jusqu'au bout du protocole. Au dernier rendez-vous, à la fin du protocole, aucune amélioration visible. Et là le médecin me dit qu'effectivement il s'est aperçu que ce protocole n'était pas satisfaisant. Je m'effondre dans son bureau car cela voulait dire qu'il n'y avait plus rien à faire. Il me laisse donc repartir avec ma douzaine de kystes et mon grand désespoir.

Je décide de retourner voir mon médecin traitant pour lui en parler. Elle me conseil de retourner voir le chirurgien qui m'avait opéré.

Je retourne donc voir le chirurgien qui me dit qu'il ne peut plus rien faire pour moi et il me dit d'aller voir un chirurgien plasticien pour envisager de faire une greffe de peau, seule solution connue de leur part pour éviter que les kystes ne reviennent.

Je prends donc rendez-vous avec un de ses collègues dans la même clinique.
Je vais au rendez-vous, et là je tombe sur un chirurgien, qui pour moi devrait déjà être à la retraite, qui m'examine, enlève le pansement que j'avais sous l'aisselle gauche et qui me dit qu'il pouvait m'opérer pour éradiquer la maladie à ce niveau là, avant de me remettre mon pansement avec du «scotch». Là je suis partie en courant.

Je prends un autre rendez-vous avec un autre chirurgien plasticien dans un autre hôpital. Il m'explique à nouveau qu'ils ne connaissent rien à cette maladie, et tout ce qu'ils savent c'est qu'en faisant une greffe de peau les kystes ne reviennent pas. On prend donc rendez-vous pour une opération au niveau de l'aisselle gauche et des aines.
Juillet 2008 entrée à l'hôpital pour subir LA greffe qui va me «guérir», selon les dires du chirurgien.

Et là commence une énorme épreuve physique et morale. Mais malgré tout nécessaire au point où j'en étais.

Première opération pour enlever la peau et les chaires infectées et me mettre une sonde urinaire. Tout se passe bien malgré la douleur, mais je me dis qu'après je serais tranquille. Une semaine après une autre opération pour à nouveau «gratter» les chaires pour bien enlever la maladie. Pas plus de douleurs que lors de la première opération, donc cool. Entre temps il faut se laver, et comment se laver à part au gant quand on a un gros pansement sous le bras et une sorte de pansement couche au niveau des aines. Donc je suis obligée de faire ma toilette au gant dans mon lit puisque je suis incapable de me lever et marcher. Puis comme il devait me changer les pansements, on me dit que je vais prendre la douche, sur un lit couvert d'un plastique exprès pour l'eau, mais je n'ai pas supporté l'eau sur les plaies. Du coup une autre intervention sous anesthésie générale pour pouvoir me changer le pansement et me nettoyer correctement. J'en suis à trois interventions sous anesthésie générale en 3 semaines. Quelques jours après cette troisième intervention j'arrive à me lever et à marcher. Ça fait du bien de se sentir à peu près normale, surtout que la douleur commence à s'estomper, ce qui est un répit pour le moral.

Par contre les ordres du chirurgien au niveau alimentaire, était que je n'avais pas le droit d'aller aux toilettes donc j'avais droit à un régime sans résidus, féculents, viandes, ce qui m'a fait prendre 10 kilos, en plus comme j'étais alitée je ne pouvais pas faire d'exercices. Une nuit j'ai cru mourir tellement j'avais mal au ventre et j'essayais de pousser mais rien à faire ça ne voulait pas sortir. J'appelle les infirmières de nuit pour qu'elle me donne un laxatif car je n'en pouvais plus. Malheureusement ça n'a eu aucun effet et elles ont été obligées d'aller chercher à la main ce que je ne pouvais faire sortir. Pendant deux heures j'ai souffert le martyre. Elles m'ont même dit que c'était pire qu'un accouchement. Je crois que ce soir là j'ai réveillé tout le service tellement j'ai crié et pleuré. Le lendemain j'ai demandé à voir la diététicienne pour qu'elle me change de régime, surtout que les cicatrices descendaient jusqu'aux plis des fesses et je pouvait très bien aller aux toilettes sans que ça les touchent. Elle me dit qu'elle va demander à mon chirurgien. Elle revient peu de temps après en me disant qu'il ne voulait pas me changer de régime. Les infirmières et les aides soignantes ont vu mon désespoir, surtout que les laxatifs ne marchaient toujours pas, et me disent que si je veux je peux ne pas manger ce qu'il m'avait prévu et demander à un de mes proches de m'apporter ce que je voulais manger. Ni une ni deux je demande à ma mère une bonne salade. Puis un jour sur trois à peu près elle me ramenait des choses que j'aime,  pour me permettre de retrouver un transit à peu près normal.

Comme j'ai dit j'ai une sonde urinaire. Ça ne fait pas mal, vous faites sans vous en rendre compte, vous n'avez pas envi. Un jour l'aide soignante viens me vider ma poche et trouve que mes urines sont troubles. Elle me dit qu'il va certainement falloir changer la sonde pour éviter qu'elle se bouche. Le lendemain le chirurgien ne tient pas compte de sa remarque. Le jour d'après je sonne l'infirmière car j'avais envi. Le temps qu'elle court chercher le bassin l'aide soignante qui voulait me changer la sonde arrive et là je me fais dessus avant même que l'infirmière n'arrive avec le bassin. Au moins là ils m'ont changé la sonde.

Niveau moral c'est très dur de devoir enchaîner toutes ses épreuves physiques, douloureuses, mais j'arrive à tenir le coup. J'ai une grande résistance à la douleur et j'arrive à relativiser.
Un mois après mon entrée arrive LA greffe. Quatrième opération pour me prélever de la peau sur les cuisses pour pouvoir la greffer au niveau des plaies. Je descends au bloc, on me met un cathéter qui me fait mal. Je leur dit que le cathéter me fait mal, que j'ai des petites veines fines et que je ne supporte plus cette douleur. Là je m'entends dire que la douleur c'est dans ma tête, et ils me laissent comme ça jusqu'à ce qu'ils m'endorment. Je me réveille en salle de réveil et là je m'aperçois que le cathéter qu'ils m'avaient mis avant d'entrer au bloc n'était plus de la même couleur. Effectivement le cathéter du début s'était bouché et c'est pour ça que ça me faisait mal.

Ensuite l'infirmière de la salle de réveil me dit que si j'ai mal je n'ai qu'à appuyer sur le bouton pour délivrer la morphine. Je remonte dans ma chambre. La nuit l'infirmière passe toutes les deux heures pour vérifier que tout va bien, protocole normal après une opération. De mon côté toutes les heures j'appuie sur le bouton pour délivrer la morphine. Je suis entre deux mondes, le monde de la fatigue et le monde de la douleur. L'infirmière ne me dit rien au court de la nuit donc je pense que la douleur que je ressens est normale malgré la morphine. Le lendemain matin les aides soignantes arrivent pour changer les draps de mon lit. Et en soulevant mon oreiller elles trouvent la pompe à morphine qui en fait n'était pas branchée. J'avais beau appuyer dessus toutes les heures pendant la nuit en fait elle n'était pas branchée. Là elles m'ont félicité d'avoir passer toute une nuit après une intervention assez lourde sans diffusion de morphine pour supporter la douleur. Par contre elles n'ont pas félicité les infirmières de la salle de réveil qui avaient oublié de me brancher.

Mais ce qui fait le plus mal dans une greffe ce n'est pas la peau greffée mais la peau prélevée, on vous scalpe la peau ce qui fait une sorte de brûlure, et ça fait vraiment mal. Sur une échelle de 1 à 10 la douleur est à 10. Le chirurgien passe me voir pour savoir si tout allait bien. Je lui dit ce qu'il s'était passé au niveau de la morphine, mais il n'a pas plus de réaction que ça. Ensuite il me dit que j'ai des agrafes qui tiennent la peau qu'il m'a greffé et qu'on les retireraient dans 5 jours, que durant ces 5 jours je devais rester alitée et que j'aurais des brumisateurs tous les jours pour que la peau reste souple. Le lendemain flotte une forte odeur dans ma chambre. L'aide soignante ouvre ma fenêtre car cela devient insupportable. Le chirurgien a prévu de me changer les pansements le lendemain. Pour supporter l'odeur je mets ma boite de bonbons qui sent bon sur mon épaule au niveau de mon nez. Le chef de service passe dans ma chambre avec plusieurs internes en chirurgie, mais reste à la porte car ils ne supportent pas non plus l'odeur. Il me dit qu'on va me changer mon pansement aujourd'hui et pas demain. Je suis soulagée. Mais la journée passe et personne ne vient. J'appelle les infirmières pour leur demander quand on va me changer les pansements. Elles reviennent quelques minutes plus tard en me disant que le chirurgien leur avait dit de me changer les pansements que demain. Je leur dit que le chef de service  voulait me changer les pansements aujourd'hui mais rien à faire on m'a changer les pansements le lendemain. Le lendemain on me change donc mes pansements. Je me sens propre et il n'y a plus d'odeurs.

Le chirurgien passe me voir et me demande si ça va. Je lui dit que oui pour ne pas rentrer en polémique avec lui car je n'avais plus la force. Je lui demande si après avoir enlever les agrafes dans 3 jours je pourrais me lever un peu. Il me dit en rigolant que je pouvais très bien me lever maintenant, alors qu'il m'avait dit de rester alitée pendant ces 5 jours et que c'était important pour que la greffe prenne bien. Ensuite il me dit que les odeurs, la gêne et la douleur que j'avais senti c'était dans ma tête et que ce n'était pas si terrible que ça. J'appel les infirmières et aides soignantes pour leur dire que je ne veux plus voir ce chirurgien et que je ne veux plus qu'il rentre dans ma chambre. Je prends encore sur moi mais le moral commence à déclarer forfait.

Le jour « J » arrive. On m'enlève les agrafes. Les infirmières arrivent, commence à enlever les pansements, prennent une sorte de pince à épiler et commence à m'enlever les agrafes. Elles ne m'ont enlevé que deux agrafes, ça me faisait trop mal. Elles ont appelées l'anesthésiste pour qu'elle vienne voir, vu que je ne voulais plus voir le chirurgien. L'anesthésiste arrive et s'étonne que le chirurgien n'ai prescris aucun anti-douleur ou anesthésie pour enlever les agrafes. Et là je craque je tombe en dépression. Heureusement elle me donne un traitement pour la dépression et un traitement de cheval pour qu'on puisse m'enlever les agrafes, anti-douleur + anesthésie locale. Et là je suis dans un autre monde, le monde des éléphants roses, les infirmières m'enlèvent les agrafes et moi je rigole avec elles. Je n'ai rien senti du tout. Ensuite viens le moment d'enlever les bandages au niveau des cuisses pour voir les pansements de la peau prélevée. Travail à nouveau mal fait car les infirmières du bloc n'avaient pas complètement pansé les brûlures et elles étaient à même le bandage. J'ai dit aux infirmières que j'allais encore une fois maîtriser ma douleur mais qu'il fallait qu'elle fasse vite pour retirer les bandages quitte à tirer d'un coup sec. Ce qu'elles ont fait car elles n'avaient pas le choix.

En tout cela faisait un mois que j'étais à l'hôpital et normalement j'aurais dû y rester deux mois. Mais après l'expérience des agrafes et des bandages, et surtout la relation avec le chirurgien, j'ai demandé à rentrer chez moi. Je n'en pouvais plus. Je suis restée alité pendant encore 1 mois. En tout j'ai dû m'arrêter 3 mois et demi et je n'ai repris le travail que mi-octobre.

Tout allait bien jusqu'au mois de décembre ou une nouvelle fois les kystes sont revenus. Pas sur la greffe directement mais juste à côté. En fait les nodules étaient bien sous la greffe. Il faut savoir que les kystes forment des chapelets. Ils sont reliés entre eux ce qui rend difficile la guérison. Car quand celui que vous voyez pousser s'ouvre et se vide en fait il ne se vide pas entièrement car il est alimenté par celui qui est relié à lui et ainsi de suite. Ce qui fait un cercle vicieux.

Donc mois de décembre un kyste au niveau de l'aine, traitement antibiotique et crème locale. Il disparaît, du moins c'est ce que je croyais, car 2 mois après il revient.

Au mois de septembre 2009, mon cousin, qui travaille dans la recherche à l'hôpital Necker à Paris, m'appelle et me dit qu'il connaît une chercheuse, le Docteur NASSIF de l'Institut Pasteur, qui travaille sur la maladie de Verneuil. Il me dit qu'elle se consacre à cette maladie et qu'elle a mis en place un traitement. Je prends rendez-vous avec son service et je la rencontre au mois de novembre lors d'un passage à Paris.

Premier rendez-vous avec une de ses collègues, car elle est très prise vu qu'elle est toute seule. Tout se passe bien, elle m'examine, repère tous mes nodules, en tout j'en avais encore 5, me fait des prélèvements pour les analyser, me pose des tas de questions comme : est-ce que dans votre famille d'autres ont la même maladie, car il y a souvent plusieurs cas dans une même famille, d'où certains médecins pensent que c'est génétique, et c'est vrai dans 30% des cas, je lui dit qu'il n'y a aucun autre cas dans ma famille. Elle me demande si j'ai suivi le protocole à base de RUBOZINC, je lui dit que oui mais que cela n'a eu aucun effet et même que ça m'avait déclenché de grosses poussées et que c'est à cause de ça que j'ai dû subir une greffe de peau. Elle va ensuite chercher le fameux Docteur qui à mis en place le traitement.

Un Docteur formidable, à l'écoute de ses patients, qui prend le temps nécessaire pour vous expliquer ce qu'est la maladie et répondre à vos questions. Mais je n'ai pas eu besoin de lui poser mes innombrables questions. Elle a répondu à toutes mes questions sans que je lui en pose une seule. Elle voit que j'ai suivi le fameux protocole et elle dit à sa collègue « tu vois ce traitement ne marche pas ! », apparemment je n'étais pas la première sur qui ce protocole n'avait pas marcher. Ensuite elle me demande si je fume, je lui dit que je fume à peu près un paquet par jour, elle me dit que la maladie n'a rien à voir avec le tabac. Elle me demande ensuite si j'ai du diabète, pour elle le diabète jouerait sur la maladie et me dit que si j'avais du diabète le fait de faire diminuer ce diabète aidait déjà à diminuer la maladie. Ensuite elle m'explique ce qu'est le Verneuil : c'est une flore bactérienne présente normalement chez tout le monde dans les plis et contre laquelle il y a un déficit qui fait qu’on ne peut pas éliminer cette flore quand elle a pénétré, qui se déclare chez certaines personnes et pas d'autres on ne sait pas encore pourquoi, comme le Staphylocoque. Dans 30% des cas c’est génétique, ce n'est pas dû au tabac, ni au surpoids, mais on ne sait pas s’il n’aggrave pas par le biais du diabète et de la macération qui favorise la prolifération des microbes. Que c'est une maladie jeune adulte qui se déclare généralement après l'adolescence. Et qu'elle a mis en place un traitement, où elle a des résultats, et qui consiste à éliminer les foyers infectieux et éviter les rechutes.

Et là je peux vous dire quel bien ça fait de se sentir comprise et écoutée et surtout d'avoir des réponses à ses questions, et d'entendre qu'il y a un traitement avec de bons résultats. Je me dis à ce moment là ça y est c'est bientôt la fin de la souffrance, des doutes, et le début d'un retour à la normale. Et surtout retrouver une vie normale.

Elle me donne rendez-vous en janvier pour commencer le traitement. Elle me dit que je rentrerais à l'hôpital de jour pour une journée pour qu'il m'implante un cathéter central, qui se pose sous anesthésie locale, et aussi pour me faire une ponction sur un nodule pour évaluer mon stade et savoir quel antibiotique sera efficace, car le traitement se fait en 3 phases, et que la première phase se fera par une injection d'antibiotiques journalière en intraveineuse pendant un mois avec un complément d'antibiotiques par voie orale. Pour la deuxième phase ce sera un cocktail de trois antibiotiques par voie orale et que la troisième phase sera un antibiotique d'entretien pour éviter que la bactérie ne se réveille.

Me voilà arriver au mois de janvier, à Paris à l'hôpital Necker, pour la pose du cathéter et la ponction. Pour ceux qui ont peur ou marre des hôpitaux et surtout de la douleur que l'on connaît trop bien, je peux vous dire que je n'ai rien senti du tout pour la pose du cathéter et pour la ponction. L'anesthésie locale est formidable. Je remonte dans ma chambre pour la première injection d'antibiotiques. A ce moment je me dis me voilà enfin sur la route de la guérison. Le Docteur passe me voir et me donne rendez-vous dans 6 semaines.

Je rentre chez moi, l'infirmière passe tous les jours me faire l' injection, je continu à travailler. Au fil des jours je m'aperçois que je ne suis plus tout à fait moi même. D'habitude j'ai une bonne réactivité, j'aime contrôler les choses que je fais, mais là ce n'était plus le cas. Au travail mes collègues me parlaient, je les entendais mais je mettais un certain temps à réaliser ce qu'elles me disaient. Idem avec les clients au téléphone j'avais du mal à leur répondre, il me fallait un certain temps pour les comprendre et leur donner des réponses. En plus de ça j'étais énormément fatiguée à bailler toute les deux minutes. Et puis un jour, j'étais dans ma voiture en route pour rentrer chez moi et dans la voiture je me suis aperçue que j'étais en train de me dire inconsciemment qu'il fallait que je me concentre car j'étais en train de conduire. Je me suis fait peur. En fait j'avais les effets secondaires du traitement. Je me suis donc arrêter de travailler. Et j'ai bien fait car durant le premier mois j'étais complètement stone. Je ne m'apercevais pas du temps qui passait, j'avais du mal à tenir une conversation et à me concentrer sur quoi que ce soit. C'était dû à l'antibiotique que je prenais par voie orale. Mais ces effets à côté des effets de la maladie ce n'est rien, et sachant que le traitement donnait de bons résultats ça valait le coup. Le Docteur m'a dit de ne pas m'en vouloir de m'arrêter de travailler et que pour la guérison il était nécessaire d'être dans de bonnes conditions physiques et morales.

Au bout de 4 semaines l'infirmière m'enlève le cathéter et je commence la deuxième phase du traitement avec le cocktail de 3 antibiotiques dont encore celui que je prenais en première phase par voie orale et qui me donnait tous ces effets. En ce qui concerne les nodules ils s'inflammaient puis s'ouvraient et se vidaient avant de disparaître complètement.

Six semaines plus tard je retourne voir le super Docteur. Car pour moi c'est une super Docteur qui à mis en place un super traitement. Elle m'examine et sur les 5 nodules que j'avais 6 semaines avant il n'en restait plus qu'un. Elle me dit de continuer le traitement de la deuxième phase mais en arrêtant l'antibiotique de la première phase. Il m'a fallu une semaine pour que les effets de l'antibiotique disparaissent. Mais tous les effets n'avaient pas complètement disparus car j'étais encore énormément fatiguée. De plus quand on prend des antibiotiques, on voit souvent des mycoses s'installer dans l'estomac, la bouche, et pour les femmes des mycoses vaginales. Ce que j'ai pratiquement en permanence. Mais ça se soigne très bien, même si ça revient tout le temps jusqu'à l'arrêt des antibiotiques. Donc je prolonge mon arrêt de travail. Elle me donne à nouveau rendez-vous 6 semaines après.

Dernier rendez-vous en date du mois d'avril pour constater l'amélioration. Un petit résidu persistait sur le dernier nodule donc encore un mois d'antibiotique. J'en profite pour lui demander si depuis qu'elle à mis ce traitement en place elle avait eu des récidives. Elle me dit que les seules récidives qu'elle est eues étaient dû aux patients qui ne prenaient pas le traitement jusqu'au bout, ou l’oubliaient, ou ont dû prendre un anti-inflammatoire ou de la cortisone, ou ont eu un gros stress, mais après une rémission complète, ils sont remis systématiquement en rémission en 1à 2 mois en cas de rechute. Elle me dit aussi que si après la phase d'entretien je récidive, qu'à ce moment là je prendrais le cachet d'entretien à vie. Elle me dit ensuite que l'association AFRH lui a signalé que deux jeunes ayant la maladie de Verneuil, n'avaient pas supporter la maladie et s'étaient suicider . J'ai à nouveau rendez-vous dans 6 semaines pour entamer la troisième phase qui est la phase d'entretien.

Grâce au super Docteur je n'ai plus mal, je n'ai plus de nodules, je retrouve petit à petit une vie normale. Depuis mi mai 2010 je suis en rémission complète et depuis mi juin je prends l'antibiotique d'entretien. Tout va bien pour moi.



Je voulais vous racontez mon histoire pour redonner aux personnes qui ont cette maladie de l'espoir, et qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls. Qu'il existe un super Docteur qui s'occupe de nous, de notre bien être et qui surtout arrive à nous soigner. Je voulais vous dire aussi que le Docteur est la seule à faire ça, et de ce fait est très prise, donc soyez patient pour obtenir un rendez-vous car il y a une liste d'attente phénoménale, mais ça vaut le coup d'attendre. Je n'oublie pas malgré tout que c'est une maladie que j'aurais toute ma vie, mes cicatrices sont là pour me le rappeler, et que peut être je ne suis pas à l'abri d'une récidive. Mais maintenant je sais qu'il y aura une solution.





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